Ce n’est pas toi, c’est moi…

AimerCombien de fois avons-nous entendu cette phrase lors d’une rupture, provenant autant de la bouche d’hommes ou de femmes. Cette phrase, si anodine qu’elle laisse paraître en premier lieu, est en fait venimeuse. Venimeuse parce qu’elle laisse place à l’interprétation, au vide de son sens, à des questionnements. Elle donne aussi la responsabilité à la personne qui la reçoit de deviner ce qu’elle veut dire. Cette phrase empoisonnée déresponsabilise la personne qui la dit. Elle donne une raison de ne pas regarder la vraie cause de la rupture. Elle donne l’occasion de ne pas regarder à l’intérieur de soi ce qui s’y passe. Aller voir en soi pourquoi la personne en face de nous, qui nous a séduite au départ, ne fait soudainement plus notre affaire.

Utiliser « ce n’est pas toi, c’est moi » c’est fuir notre réalité intérieure, l’honnêteté face à soi et aux autres qui plus est. C’est se mettre la tête dans le sable, c’est faire preuve de couardise. Parce que oui, il faut du courage pour se regarder, pour dire la vérité, pour entendre la réaction de l’autre, pour supporter la blessure que l’on inflige à l’autre. Il faut aussi de l’estime de soi pour se voir, parce que le courage passe par l’estime de soi, et non pas par la couardise.

Alors avant d’utiliser cette fameuse phrase, demandez-vous la vraie raison de ce changement de cap. Soyez courageux, du moins, essayez…

5 commentaires

  1. Galtidor dit :

    Excellent sujet apres une si longue absence. :-)

  2. Kelig dit :

    Des fois, on dit des choses comme cela parce qu’on pense diminuer la douleur de l’autre. On peut pas réellement dire à l’autre, je ne t’aime plus parce que tu es devenue grosse, parce que tes beuveries de fin de semaine avec les boys chu pu capable, ou encore, parce que tu ne ramasses pas tes chaussettes. Toute vérité n’est pas bonne à dire.

    Et je suis dac avec Galtidor, ça fait du bien de t’entendre après une si loooongue absence.

  3. En'rich (tu te souviens ?) dit :

    « Ce n’est pas toi, c’est moi », c’est comme ne rien dire finalement. C’est une fuite, fuite de la relation mais aussi une fuite de soi-même. C’est plus facile, sans souffrance, sans risque, la recette parfaite pour quiconque préfère se laisser mourir plutôt que de vivre. Pis on emmène une partie de l’autre dans notre voyage en prime !

  4. cupidon123 dit :

    Oui je suis bien d’accord avec toi, belle façon de se déresponsabiliser, de se fuir soi-même, sans vouloir répéter ce que les autres ont dit.
    Content de te lire de nouveau !!

  5. dundee12 dit :

    juste MERCI!!!
    nous voilà 2 ans plus tard mais cette « belle » formule toujours autant d’actualité, je me la suis pris hier :/
    et du coup, j’ai pu lui indiquer le site pour qu’il constate à quel point son argument est bidon

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